ÉPISODE #1

L’atlas des îles abandonnées

Voici le premier billet de mon journal d’enquête.
Comme l’écrit le journaliste Alex du Prel :
« Voici une histoire invraisemblable. ce qui est plus incroyable encore c’est qu’elle est absolument véridique et vérifiée. Cartésiens, chagrins et dubitatifs, s’abstenir de lire.
Aux autres, bienvenue dans un monde fantastique ! »

Je m’appelle Éric Viennot.

Mes activités de game designer et d’auteur m’amènent à me documenter sur de nombreux sujets pour trouver l’inspiration ou pour enrichir mes créations.

Il y a quelques années, alors que je travaillais sur la création d’un archipel imaginaire, j’ai dévoré le livre de Judith Schalansky (devenu depuis un véritable best seller) L’Atlas des îles abandonnées publié en 2009. C’est dans ce livre que j’ai découvert l’histoire incroyable de Marc Liblin.

Voici le passage qui lui est consacré :

“ Dans une bourgade des contreforts vosgiens, un petit garçon de six ans est hanté par des rêves dans lesquels on lui enseigne une langue qui lui est totalement inconnue. Bientôt, le petit Marc Liblin la maitrise couramment, et pas qu’en rêve, sans savoir d’où elle vient, ni si elle existe réellement. C’est un enfant solitaire, très doué, curieux d’apprendre. Adolescent, il se nourrit plus de livres que de pain. A l’âge de trente-trois ans, il mène une vie de reclus en Bretagne. Il attire l’attention de chercheurs de l’université de Rennes, qui entreprennent de décoder et de traduire la langue de ses rêves. Pendant deux ans, ils alimentent une énorme machine à calculer des sons étranges qu’il profère. En vain.

Un beau jour, il leur vient à l’esprit de faire un tour des cafés du port et de demander aux matelots en escale à terre s’ils n’auraient pas entendu cette langue quelque part. ; Marc Liblin se produit donc dans un café de Rennes et monologue devant un groupe de Tunisiens, quand intervient un homme accoudé au comptoir, un ancien de la marine qui déclare avoir entendu cet idiome sur une île reculée de Polynésie. Il connaît une dame qui parle exactement comme ça, l’épouse divorcée d’un militaire qui habite maintenant une HLM de la banlieue.

La rencontre avec la dame polynésienne va changer la vie de Liblin : Meretuini Make ouvre la porte, il la salue dans la langue de ses rêves et elle répond aussitôt dans le vieil idiome rapa de son pays. Marc Liblin, qui n’a jamais quitté l’Europe, épousera la seule femme qui le comprenne et ira s’installer avec elle, en 1983, sur l’île où l’on parle la langue de ses rêves.”

Cette histoire a l’allure d’une fiction ou d’une légende et pourtant Judith Schalansky prétend que toutes les histoires de son livre sont réelles et documentées.

Fasciné par ce récit, je me mets alors en quête d’en retrouver les protagonistes et de faire la part entre la réalité et la fiction.